le droit d’auteur et internet (A)

Le droit d’auteur et Internet

I – Le monde du streaming et du téléchargement

Senior woman with curlers enjoying Netflix on a laptop while lying in a stylish bedroom.

Dans l’ère du streaming et du téléchargement, la musique et les vidéos sont plus accessibles que jamais. Cependant, derrière cette facilité d’accès se cache un monde complexe de droits d’auteur et de rémunérations

Le streaming permet de lire une vidéo ou écouter de la musique en ligne en temps réel. Ce système n’enregistre qu’une petite quantité de données dans la mémoire vive de l’ordinateur avant que la lecture démarre. La suite du fichier est téléchargée mais pas stockée dans l’ordinateur.

Le téléchargement nécessite de récupérer et stocker l’ensemble des données d’un fichier multimédia avant de pouvoir l’écouter ou le regarder.
Selon l’Arcom : Le téléchargement illégal consiste à télécharger des fichiers protégés par des droits d’auteur sans l’autorisation des détenteurs des droits : musique, films, jeux vidéo, logiciels notamment.

Il existe plusieurs types de téléchargement dont :

Grâce à un logiciel spécifique (comme google drive), vous téléchargez l’œuvre recherchée auprès d’autres internautes ayant obtenu la même œuvre par la même technique.

Un lien vous mène directement vers le fichier désiré. Il est stocké par une seule personne.

A – Le streaming et la rémunération des artistes :

Comment les plateformes de streaming rémunèrent les artistes

Les plateformes de streaming, comme Spotify, Apple Music, et YouTube Music, rémunèrent les artistes sur la base du nombre d’écoutes ou de “streams”. Chaque écoute génère une fraction des revenus, mais cette rémunération est partagée entre plusieurs acteurs : les plateformes, les labels, les producteurs, et les artistes eux-mêmes.

Modèle de rémunération : Les utilisateurs paient un abonnement mensuel pour un accès illimité à la musique sans publicité, ou accèdent à la musique en échange de publicités. Une part de cet abonnement ou des revenus publicitaires est redistribuée aux artistes en fonction de la proportion de streams générée par leur musique.

B – La collecte des droits d’auteur :

Les organismes de gestion collective, comme la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), jouent un rôle crucial dans la collecte des droits d’auteur. L’artiste doit déclarer ses œuvres et indiquer des informations telles que le titre de la chanson, les noms des co-auteurs, compositeurs, et éditeurs éventuels. La SACEM surveille ensuite automatiquement la diffusion de ces œuvres et collecte les droits qui en découlent. voici les principaux organismes de gestion collective en France :

C – Le streaming illégal :

Mais le streaming, contrairement aux idées reçues, n’est pas toujours légal. En effet, il existe aussi des sites qui diffusent des contenus sans s’être acquittés des droits d’auteur agissent en toute illégalité. Le visionnage des films, séries, musiques en streaming, ou le fait d’accéder à des chaînes de télévision payantes (pour regarder un match de foot par exemple) via ces sites est alors illégal.

Comme les plateformes de streaming légales, certains sites pirates proposent à l’internaute d’enregistrer un compte et de payer un abonnement donnant accès à un large catalogue de contenus. Mais leur offre, bien que payante, n’en demeure pas moins totalement illégale

Close-up view of a mouse cursor over digital security text on display.

Astuce ! Pour savoir si le site de streaming que vous souhaitez utiliser est bien légal, consultez le site de l’Arcom..

II – Logiciels libres : une nouvelle manière de partager et protéger la création

A. La Philosophie : « Libre » ne veut pas dire « Gratuit »

Un logiciel libre n’est pas simplement un logiciel gratuit. Un logiciel Libre est basé sur la confiance et la transparence. Selon la Free Software Foundation, un logiciel est dit “libre” lorsqu’il garantit quatre libertés fondamentales à ses utilisateurs :

  • Liberté d’exécution : Utiliser le logiciel pour n’importe quel projet, sans restriction.
  • Liberté d’étude : Accéder au code source pour comprendre son fonctionnement.
  • Liberté de redistribution : Partager des copies du logiciel.
  • Liberté d’amélioration : Modifier le programme pour corriger un bug ou ajouter une fonction et diffuser ces améliorations.

À l’inverse, un logiciel « propriétaire » (comme Windows ou Photoshop) est une boîte noire : vous ne savez pas ce qu’il fait de vos données. Un logiciel propriétaire (comme Microsoft Windows ou Adobe Photoshop) est distribué sous une licence restrictive :

  • le code source n’est pas accessible,
  • la modification est interdite,
  • la redistribution est limitée,
  • l’utilisateur doit accepter des conditions contractuelles strictes.

D’après le site officiel de la Free Software Foundation (fsf.org), la notion de “libre” renvoie à la liberté, et non au prix. Un logiciel libre peut être gratuit, mais il peut aussi être vendu. Ce qui compte, ce sont les droits accordés à l’utilisateur.

Le rôle du droit d’auteur : Contrairement à une idée reçue, le logiciel libre ne supprime pas le droit d’auteur. Il repose dessus. En France, le code source d’un logiciel est protégé par le Code de la propriété intellectuelle (articles L112-2 et suivants).
L’auteur conserve ses droits mais choisit d’accorder certaines libertés via une licence comme la GNU General Public License.

B. Le Duel des Géants : Logiciel Fermé vs Logiciel Libre

Domaine

Logiciel Propriétaire (Payant/Fermé)

Alternative Libre (Gratuit/Ouvert)

Système

Windows / macOS

Linux (Ubuntu, Mint)

Bureautique

Microsoft Office

LibreOffice

Graphisme

Adobe Photoshop

GIMP / Krita

Navigateur

Google Chrome

Mozilla Firefox

III) Licences Libres & Creative Commons : L’Art du Partage

Les licences CC ne sont pas une règle unique, mais un assemblage de 4 briques (modules) selon vos besoins.

Composez votre règle !

C’est la brique obligatoire. Vous devez citer (nom + lien). C’est la base du respect numérique.

Vous pouvez partager ma photo sur votre blog perso, mais pas l’utiliser pour une pub de baskets. Le profit est interdit.

Vous diffusez l’œuvre telle quelle. Interdiction de la recadrer, de la remixer ou d’en changer les couleurs. C’est l’intégrité de l’œuvre.

Si vous modifiez mon travail, vous devez obligatoirement partager votre version sous la même licence. C’est la « boucle de la liberté »

LicenceNom completCe qu’on peut faireExemple
CC-BYAttributionTout (même vendre et modifier) si on cite l’auteur.Utiliser une icône sur un site professionnel (en citant l’auteur).
CC-BY-SAAttribution – Partage à l’identiqueModifier et vendre, mais le résultat reste libre.Traduire un article Wikipédia (la traduction doit rester libre).
CC-BY-NDAttribution – Pas de modificationPartager l’original sans y toucher.Partager un rapport officiel (sans couper ni modifier le texte).
CC-BY-NCAttribution – Pas d’utilisation commercialeUtiliser et modifier, mais sans but lucratif.Musique pour un podcast amateur (sans pub ni vente).
CC-BY-NC-SAAttribution – Non Commercial – Partage à l’identiqueModifier sans vendre, et le résultat reste libre.Adapter un cours gratuit pour ses élèves (le nouveau cours reste gratuit et libre).
CC-BY-NC-NDAttribution – Non Commercial – Pas de modificationJuste regarder et partager l’original gratuitement.Poster une photo d’artiste sur son blog perso (sans filtre ni retouche).

 ! Si il n’y a pas de mention de licence c’est autom copyright ! 

Lorsqu’une œuvre tombe dans le domaine public, elle appartient à l’humanité entière. Elle n’a plus de « propriétaire » légal, seulement des admirateurs. C’est le niveau ultime de la culture libre.

En France, l’œuvre devient libre 70 ans après la mort de l’auteur. C’est pourquoi vous pouvez remixer du Mozart ou imprimer la Joconde sur un t-shirt sans payer de droits !

C’est l’outil des créateurs modernes. En apposant « CC0 » sur mon travail, je renonce à tous mes droits immédiatement. C’est le carburant des sites comme Unsplash ou Pixabay qui offrent des images gratuites au monde entier.

  • Question : « Si je prends une photo de la Joconde au Louvre, ma photo est-elle dans le domaine public ? »
  • Réponse : NON ! Le tableau de Vinci est dans le domaine public, mais votre photo est une nouvelle œuvre dont vous possédez les droits. Vous avez le droit de la vendre, même si le tableau original est libre ! 📸✨
  • Question : « Est-ce que l’Intelligence Artificielle crée des œuvres dans le domaine public ? »
  • Réponse : OUI (généralement). Aux USA et en Europe, la loi dit que seul un humain peut être « auteur ». Une image générée à 100% par IA ne peut pas être protégée par copyright : elle tombe techniquement dans le domaine public dès sa création. 🤖🎨

Conclusion : Devenez un Citoyen du Web 🌟

Le droit d’auteur n’est pas une barrière, c’est un langage de respect. En privilégiant les logiciels libres, en comprenant les licences CC et en consommant de manière légale, vous aidez les créateurs à vivre de leur art tout en gardant un internet ouvert et créatif.Votre règle d’or : Dans le doute, demandez l’autorisation ou cherchez une alternative sous licence libre ! 💡

Sources :

Streaming et droits d’auteur : ce que vous devez savoir – Code Pour Tous

Streaming légal / illégal : quelles différences ?

Téléchargement illégal (Arcom) : quelles sont les règles ? | Service Public

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