L’impact environnemental du numérique
La « dématérialisation » est un mythe
On pense souvent que le numérique « sauve la planète » en remplaçant le papier. Or, l’infrastructure nécessaire pour stocker un mail ou un document en ligne pendant des années est parfois plus coûteuse en carbone qu’une impression locale unique.
Le numérique recouvre à la fois les sciences et technologies de l’information et de la communication (informatique, électronique, télécommunications). Le périmètre du numérique est donc plus large que celui de l’informatique. Le numérique modifie les activités humaines et sociales.
L’empreinte carbone est un indicateur qui vise à mesurer l’impact d’une activité sur l’environnement, et plus particulièrement les émissions de gaz à effet de serre liées à cette activité. Elle peut s’appliquer à une personne, à des ménages, à une entreprise ou encore à des produits. Cet impact est généralement exprimé en dioxyde de carbone équivalent ou CO2 par souci de simplicité et d’homogénéisation, on utilise pour tous les gaz à effet de serre une seule norme rapportée au CO2.
Le numérique qui est une industrie « immatérielle » au coût écologique bien réel: comment l’empreinte carbone et l’obsolescence des appareils pèsent-elles sur la planète ?
Ainsi, nous allons voir dans une première partie l’empreinte carbone du numérique et dans une seconde l’impact de l’obsolescence programmée sur l’environnement.
I- L’empreinte carbone du numérique
Les différentes études scientifiques actuelles estiment que le numérique est responsable de 2,1 à 3,9% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.
- En France, le numérique représente 4,4 % de l’empreinte carbone du pays en 2022, soit 29,5 MtCO2e de GES émises en 2022. Soit un peu moins que les émissions totales du secteur des poids lourds.
- 50 % de l’impact carbone du numérique sont liés à la fabrication et au fonctionnement des terminaux (téléviseurs, ordinateurs, smartphones…).
- 46% aux centres de données (contre 16% estimés en 2022).
- 4% aux réseaux.
- Ainsi, nous allons voir tout d’abord, l’impact carbone du numérique lors de sa fabrication, puis le coût énergétique lié aux stockage des données dans les datas centers. Enfin, il s’agira de comprendre en quoi les réseaux pèsent sur l’environnement.
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II – L’obsolescence programmée
Chaque année en France, « 40 millions de biens tombent en panne et ne sont pas réparés » en cause : la garantie trop courte des produits, leur non réparabilité mais aussi l’obsolescence programmée.
D’après Légifrance, cette pratique est décrite comme : « l’ensemble des techniques par lesquelles le metteur sur le marché d’un produit vise à en réduire délibérément la durée de vie pour en augmenter le taux de remplacement ».
A – Aux origines du concept
L’obsolescence programmée ne trouve pas ses racines dans les nouvelles technologies, bien que ses manifestations se soient multipliées depuis la seconde moitié du XXe siècle. Si les premières sociétés industrielles produisaient des biens conçus pour durer, l’arrivée de la production de masse et d’une concurrence exacerbée a transformé la stratégie commerciale des entreprises : multiplier les ventes tout en raccourcissant délibérément la vie des produits.
“La première utilisation notable de l’obsolescence programmée remonte aux années 1920. Un groupe d’industriels spécialisés dans la fabrication d’ampoules (surnommé le « Cartel Phœbus ») commercialisait des ampoules à incandescence, dont la durée de vie était limitée à 1 000 heures.”
L’obsolescence programmée peut se présenter sous quatre formes différentes :
C’est l’effet de mode, le produit perd en valeur au moment de la sortie d’un nouveau produit amélioré
L’appareil fonctionne mais son utilisation est compromise, car les composants ou les produits associés n’existent plus
Une mise à jour obligatoire du logiciel d’utilisation s’avère incompatible avec les anciens modèles
Le produit ne répond plus aux usages permis par le progrès technique, une évolution réglementaire et/ou économique
B – Une affaire concrète d’obsolescence programmée

Le constructeur californien Apple a par exemple été condamné à régler une amende de 25 millions d’euros suite à une condamnation pour pratique commerciale trompeuse. Les investigations menées révélaient que des mises à jour logicielles diffusées en 2017 pouvaient ralentir artificiellement le fonctionnement des modèles d’iPhone 6, SE et 7
C – impact environnemental de l’obsolescence programmée
Maintenant que vous êtes incollables sur le concept d’obsolescence nous pouvons nous pencher sur le lien qu’il existe entre ce phénomène et les impacts environnementaux….

Comme nous venons de le voir dans la partie précédente, ces appareils engendrent extrêmement de pollution tout au long de leur cycle de vie : de l’extraction à la distribution, jusqu’à leur supposé recyclage.
Car en effet, si d’une part l’obsolescence programmée incite au renouvellement des appareils, elle engendre de l’autre côté des déchets. Par ailleurs, les circuits de recyclage ne prennent pas totalement en charge les déchets électroniques. Placés dans des déchetteries à ciel ouvert, les appareils usagés victimes de l’obsolescence programmée se désagrègent avec le temps. Les composants qu’ils contiennent contaminent alors les sols, les eaux et contribuent à la hausse des émissions de gaz à effet de serre.
D – Face aux conséquences désastreuses, tant pour le consommateur que pour l’environnement, de l’obsolescence programmée, que dit la loi?
Depuis 2015, l’obsolescence programmée est un délit en France, défini et encadré par les articles L.441-2 et L.454-6 du Code de la consommation.
E – Des solutions
Notions à retenir :
Sources
- Empreinte Carbone : la comprendre et la réduire – Carbo
- Synthèse – Numérique écoresponsable
- Actualisation des chiffres de l’impact du numérique en France – Numérique écoresponsable
- Les émissions de gaz à effet de serre des transports – notre- environnement
- Pollution numérique : la grande illusion du virtuel ? France Culture
- Quel bilan carbone pour la production d’électricité ? orki.green
- Définition Data Center : qu’est-ce qu’un centre de données ?
- Comprendre la consommation énergétique des data centers
- La neutralité carbone : définition, principes et enjeux – OMNEGY by EPSA
- L’incompatibilité de l’IA avec la décarbonation
- L’impact annuel de nos usages numériques équivaut à 3 500 kilomètres en voiture
- Un nouvel indice de durabilité sur les téléviseurs, pour mieux choisir un modèle durable
- Comment diminuer l’impact carbone de nos pratiques numériques
- Définition | Obsolescence programmée : qu’est-ce que c’est ? | Futura planète
- Comprendre l’obsolescence programmée en 5 points clés – Greenly
- S’informer sur l’obsolescence programmée | HOP
- L’obsolescence « programmée » : complot industriel ou phénomène de notre société ? – Numérique Éthique
